J'ai appris durant ce voyage que des millions de gens sont morts à cause de l'ivresse du pouvoir. Que nos vies, notre liberté ne tiennent qu'à un fil, que les barrières entre démocraties et dictatures sont parfois si minces qu'elles se détruisent. J'ai appris que les hommes ont construits la vie, et qu'ils ont aussi construits des supplices pires que la mort. Je ne m'attendais vraiment pas à ça. J'ai vu les photos, j'ai lu les témoignages. Je savais que ça avait été terrible, mais ça ne m'atteignais pas, parce que je ne voulais pas que ça m'atteigne, parce que je ne me sentais pas concernée. Puis, j'ai ouvert les yeux, et j'ai compris. J'ai compris que nous devons nous battre chaque jour pour ne plus jamais revivre ces moments, que nous devons être unis, car seul, nous ne pouvons lutter contre les injustices. J'ai compris qu'il faut crier, crier, et dénoncer les absurdités humaines, crier, même si ça fait mal, même si ça dérange. Je le sais maintenant, la vie est cruelle, la vie est injuste, les hommes sont meurtriers. Alors je veux crier, crier ce qu'il s'est passé, montrer la vérité qui est pour moi trop cachée. Car oublier, c'est recommencer les mêmes erreurs, et je sais maintenant que nous oublions trop vite.
Alors, je promets de ne pas oublier, à la mémoire de tous ces hommes, femmes, enfants, morts dans ces camps. A ses résistants, résistantes, alliés du monde entier. C'est grâce à eux que nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui. Un peuple libre, un peuple de souvenirs, un peuple d'honneur.
N'oubliez jamais tout ça. Soyons tous des passeurs de mémoires.